EXPOSITION | La musique, un bien culturel accessible à tous

Le répertoire français est aujourd’hui le plus écouté dans le monde après le répertoire anglo-saxon. Ceci s’explique en partie par la large place qu’occupe la communauté francophone à travers le monde, mais aussi et surtout par la qualité et la vitalité de notre création. Cette position de force est réelle mais fragile, la compétition créative mondiale est rude, les pays émergents y prennent désormais pleinement part. Les pouvoirs publics doivent donner à la musique les moyens de se diffuser en France comme dans le monde. Pour relever ce défi, il est nécessaire de soutenir la création à travers tous les canaux possibles…

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DANS LES MÉDIAS : UNE PRÉSENCE ACCRUE

La télévision continue de jouer un rôle prescripteur essentiel dans la découverte des créations artistiques. En 2016, les Français ont passé en moyenne 3 heures et 43 minutes chaque jour devant le petit écran… et 3 heures et 52 minutes si on y ajoute les écrans alternatifs (tablette, téléphone, ordinateur). Quelles que soient les mutations technologiques et l’évolution des usages du public, la révélation d’un nouveau talent ou de nouveaux morceaux passe encore par les médias traditionnels. Leur rôle prescripteur est déterminant pour permettre au public, en particulier chez les jeunes, de découvrir les chansons, et notamment les nouveaux talents. A ce titre, le dispositif des quotas de chansons françaises à la radio et les obligations des chaînes de télévision en matière de diffusion sont des mécanismes souples qui ont prouvé leur efficacité. Les dispositifs historiques qui contribuent de manière essentielle à la création et au succès des nouvelles productions et des nouveaux talents français sont un vecteur essentiel de l’exposition de toute la musique à tous les publics, mais plusieurs évolutions sont souhaitables. Le service public se doit ainsi d’être exigeant et de jouer un rôle particulier dans l’exposition de tous les genres musicaux avec des obligations minimales chiffrées pour toutes ses chaînes.


 

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DANS LE COMMERCE : UN BIEN CULTUREL PLUS ACCESSIBLE

Les biens culturels ont toujours bénéficié d’un statut particulier en France. Le livre et certains spectacles vivants sont ainsi soumis à une taxe sur la valeur ajoutée de 5,5 %, inférieure aux 20 % habituellement perçus par l’Etat, et égale à celle qui est appliquée à l’eau ou aux abonnements énergétiques : considérer la culture comme un produit de première nécessité est un symbole de notre politique culturelle. Cependant, alors même que la France s’est battue à Bruxelles pour que cette TVA réduite s’applique aussi bien aux livres numériques qu’aux livres papier, la musique enregistrée n’a jamais pu bénéficier de ce régime de faveur. Appliquer le taux réduit de TVA à la musique en ligne serait extrêmement bénéfique pour la diffusion des artistes, comme l’ont montré toutes les expériences de baisse de la TVA en France et à l’étranger. Elle permettrait également d’encourager le développement de l’offre de musique en ligne, qui séduit chaque jour de nouveaux abonnés (en 2016, 28 milliards de morceaux ont été écoutés sur des plateformes, contre 18 milliards en 2015), et ainsi d’accélérer la transition numérique de la musique : en effet, seulement 17 % de la population française consomme de la musique payante en ligne, une proportion deux fois moindre qu’en Allemagne.


 

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DANS LES LIEUX DE REPRÉSENTATION : SÛRETÉ DES SPECTACLES ET DES SPECTATEURS

Dans un contexte national difficile, les salles de spectacles constituent les creusets d’une socialisation et d’un partage nécessaires. Afin d’aider les entreprises du spectacle vivant à poursuivre leurs actions et maintenir des conditions d’accueil optimales du public, un fonds d’urgence, ponctuel, a été mis en place, géré au sein du Centre national de la chanson, des variétés et du jazz. Les conséquences majeures des attentats à court terme resteront significatives à moyen et à long terme pour les entreprises du secteur : baisse de fréquentation, surcoûts liés au renforcement des mesures de sûreté (personnel et équipements), surcoûts de communication pour informer et rassurer le public, surcoûts assurantiels. Au quotidien, les entreprises doivent continuer à assumer une hausse structurelle de leurs coûts de sûreté. Elles doivent en outre, investir en équipements. Pour ce faire, il faut étendre aux entreprises du spectacle les crédits du fonds interministériel de prévention de la délinquance, ce qui permettra d’assurer l’accueil du public dans les meilleures conditions de sûreté.


 

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DANS LES TERRITOIRES : DES INSTANCES DE CONCERTATION AU PLUS PRÈS DES FRANÇAIS

La carte des lieux de musique montre de fortes disparités entre les territoires. Le constat est connu, celui de la concentration des moyens en termes d’équipements culturels sur Paris et, à une moindre échelle, sur les métropoles. Mais ce constat des déserts culturels hors des métropoles masque les différentiels qui peuvent exister entre toutes les collectivités (le montant total des dépenses culturelles, en euros par habitant, varie de 1 à 8 pour les grandes villes, de 1 à 9 dans les départements, de 1 à 3 dans les régions). Il révèle par ailleurs un biais dans l’évaluation des politiques culturelles, trop souvent limitées aux équipements, sans prendre en compte leur activité réelle. Il faut sortir de cette logique de rationalisation et définir une politique culturelle adaptée à la diversité de la demande. A cette fin, il est proposé de créer une instance de concertation réunissant les acteurs de la musique au niveau de chaque intercommunalité afin d’être au plus proche des réalités de chaque bassin de vie. En lien avec les conférences territoriales de l’action publique prévues par la loi de Nouvelle Organisation Territoire de la République (NOTRe), elles auront pour mission de garantir une offre de musique diversifiée et accessible à tous dans tous les territoires.


 

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DANS TOUS LES PAYS : UN RAYONNEMENT ARTISTIQUE À L’INTERNATIONAL

Depuis quelques années, la vigueur de la production locale associée aux talents de nos artistes font de la France le premier pays exportateur de musique d’Europe continentale. Récemment, Christine & The Queens, Zaz, Woodkid, The Avener, Ibrahim Maalouf, Stromae, Louane, Lili Wood & The Prick, Justice, Yaël Naïm et bien d’autres ont connu des résultats exceptionnels hors de France. D’autres, comme David Guetta ou Daft Punk ont acquis depuis longtemps le statut de stars internationales. Mais, curieusement, alors que la France et la francophonie tiennent là un instrument précieux de rayonnement autant que de compétitivité, les moyens dédiés à l’exportation de la musique sont très limités. Ainsi, le budget du Bureau Export, l’organisme public-privé qui accompagne le développement des artistes à l’international, est-il équivalent à celui de son homologue norvégien, un pays qui compte pourtant 13 fois moins d’habitants que la France ! Afin d’accompagner le développement des artistes à l’international, il convient de donner au Bureau Export de la Musique Française les moyens de son action et du rayonnement de la France, en augmentant de 5 millions d’euros les moyens publics qui lui sont alloués.

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