ÉDUCATION | La musique, une langue vivante pour tous

Alors que la France multiplie les rapports rappelant le rôle central de la musique dans l’éducation individuelle et collective, c’est pourtant la Suisse qui, la première, a inscrit dans sa Constitution un droit à la formation musicale. A l’école, l’éducation à la musique, en dépit de ses apports éducatifs, cognitifs et de développement personnel et collectif, est un enjeu négligé : les professeurs des écoles, à qui revient la responsabilité d’enseigner la musique à l’école primaire, ne bénéficient, pour l’enseignement de la musique, que d’une option facultative de 13 heures sur les deux ans de formation des enseignants ; pour les élèves, la musique n’est plus obligatoire après le collège. Tandis que 90 % des Français considèrent la musique comme un vecteur de lien social, l’Etat doit garantir une impulsion nationale fondée sur la découverte des œuvres, la rencontre avec les artistes et la pratique tout au long de la vie.

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UNE FORMATION ORCHESTRALE OU CHORALE DANS CHAQUE ÉCOLE

La pratique collective de la musique est créatrice d’un lien social fort. Si une formation individualisée exigeante demeure un prérequis indispensable pour devenir un musicien professionnel, la musique d’ensemble est le cadre privilégié d’expression musicale des Français, d’où la nécessité d’accorder une place centrale à la pratique collective dans le parcours scolaire. Jouer à plusieurs implique une posture d’écoute et de prise en compte de l’autre, cela permet de créer de l’émulation au sein d’un groupe. Surtout, la pratique collective éveille en chacun un sentiment de dépassement et d’aboutissement, qui se traduit souvent par la mise en place d’un concert de fin d’année. Son utilité comme ses bienfaits sont incontestés, tous les rapports en attestent, dont ceux de Didier Lockwood commandés par le Ministère de la Culture et de la Communication, et ¾ des Français sont favorables à l’idée d’instaurer une pratique collective de la musique à l’école. Pourtant, en dépit du plan Lang-Tasca des années 2000, la question de la généralisation d’une pratique musicale, qu’elle soit instrumentale, vocale ou d’écoute, n’a toujours pas fait l’objet d’une réponse globale de la part des pouvoirs publics – dans la formation et les moyens affectés aux enseignants ou intervenants musicaux en milieu scolaire comme dans les objectifs de l’Education Nationale. Il faut donner à chaque établissement scolaire les moyens financiers et humains de se doter de formations orchestrales ou chorales avec l’objectif d’avoir, à la dernière fête de la Musique du quinquennat qui s’annonce, des concerts proposés dans chaque école, collège ou lycée.


 

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UNE SENSIBILISATION AU TRAVAIL DES ARTISTES ET AUX MÉTIERS DE LA MUSIQUE

La musique, ses références artistiques, son processus de création et ses différents métiers et enjeux ne sont que trop rarement appréhendés. Donner à chacun le goût de la musique et de s’éduquer à la musique, voire l’envie de faire de la musique sa vie professionnelle, implique de faire comprendre, de manière pédagogique, tout ce qui participe à sa conception et à son développement. Il est fondamental d’un point de vue aussi bien artistique que culturel de favoriser la rencontre des jeunes publics avec les œuvres et les artistes. La musique pour tous passe d’abord par les programmes scolaires, que ce soit directement par la création de modules d’initiation aux œuvres, aux métiers de la musique, à ses nouveaux modes d’accès et au droit d’auteur, ou indirectement en intégrant les problématiques artistiques et musicales dans les cours d’histoire, de sciences sociales ou d’éducation civique. De plus, chaque classe d’élèves devrait bénéficier d’un concert dans l’année, qui aura fait l’objet d’une étude sur le temps scolaire aux côtés de musiciens intervenants.


 

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UN PLAN D’ÉDUCATION MUSICALE POUR TOUS

La formation à la musique se termine de façon abrupte après le collège : au lycée, il ne s’agit plus que d’une option facultative. En dépit des efforts pour proposer des options au baccalauréat ou des classes à horaires aménagés, la pratique de la musique ne demeure une réalité après le collège que pour une minorité de Français, 11% d’entre eux seulement pratiquent un instrument, une proportion qui diminue avec l’âge. L’éducation à la musique doit se construire sur la durée, en garantissant pour tous et en tous lieux l’accès à des structures d’enseignement, aux pratiques et aux outils de médiation. Afin de garantir une équité d’accès et de pratiques à tous et d’accompagner les acteurs des territoires, il convient de dédier une enveloppe renforcée de crédits spécifiques à destination des conservatoires, écoles et associations qui agissent pour la transmission de la musique à l’école, mais aussi dans tous les lieux de vie, universités, entreprises, hôpitaux, etc.

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